Kiné 2018: L’année de LA refonte de la NGAP ou de l’avenant 6?

Kiné 2018: L’année de LA refonte de la NGAP ou de l’avenant 6?

24 janvier 2018 1 Par Fabien Carion

Pour les kinésithérapeutes, l’année 2018 s’annonce tout autant chargée que l’année 2017 (avenant 5 et accès partiel). La refonte complète de la NGAP et la possibilité d’un avenant 6 sont au programme. Etre informé, échanger et s’unir semblent être les clefs de la réussite de toute une profession.

Et si à la lecture de cet article, nous décidions de nous conditionner à un esprit positif. Et si enfin, nous décidions à nous investir vraiment pour la profession, en commençant par nous informer des actualités qui régissent et orientent l’ensemble de notre pratique quotidienne. Parce-que s’informer, c’est anticiper les risques et les désillusions, c’est comprendre et construire. Et si nous discutions tous ensemble, et si nous débattions…

Avenant 5, accès partiel  : des évènements majeurs qui ont accentué les clivages

L’année 2017 a été chargée en décisions et en émotions pour notre profession. Les dernières grandes signatures ont accentué les clivages et ont amené tous les kinésithérapeutes à des inquiétudes grandissantes. Les différents canaux d’échange ont vu des confrères se déchirer, s’interpeller, allant à poser des mots qui parfois dépassaient les pensées et les limites de la confraternité. La signature de l’avenant 5 par un seul syndicat représentatif a considérablement accentué ces tensions. Les signataires se revendiquaient optimistes réalistes. Les opposants dénonçaient leur incompréhension à signer et engager toute une profession dans cet avenant qu’ils dénonçaient comme dangereux(communiqué commun FFMKR/Alizé). Certains confrères démotivés annonçaient même des envies de reconversion. Enfin quelques uns découvraient les échéances et les process décisionnels engageant la profession. Les passions se sont déchainées et nous ont tous laissés dans un état de nervosité avancé. La validation de l’accès partiel a lui aussi et à l’unanimité rassemblé toute la profession devant les risques d’une telle disposition pour les patients (communiqué de l’ordre). Cela a tiré un peu plus encore sur la compliance de tout un chacun.

Ces décisions ont été prises dans un contexte de tension déjà avancé pour les kinésithérapeutes.

Etat des lieux  : des déchirures entre professionnels de santé déjà en souffrance.

Les études de ces dernières années montrent combien l’épuisement et le burn out sont de plus en plus présents au sein de nos professions. Dans un contexte de tension, de décisions importantes, voir une profession s’interpeller avec violence sur les réseaux sociaux et autres moyens de communication rajoute quelque chose de douloureux pour chacun d’entre nous et pèse sur notre moral quotidien. Cela limite les capacités constructives, accentue davantage les scissions, nous pousse à fuir tout ces débats si importants. On garde alors le peu de force qu’il nous reste à des expériences plus positives ou pour s’évader. Et nous en avons tous besoin, ne l’oublions jamais. En effet, isolés au sein de nos cabinets, il est toujours difficile de lire ces maux, ces douleurs, ces inquiétudes que nous posons comme nous pouvons et où nous pouvons. Et pourtant, fuir n’est pas une solution que nous devons choisir si nous voulons éviter à nouveau ce type de déchirures. Nous devons échanger.

Nous sommes souvent la tête dans le guidon au sein de nos cabinets.

Certains kinésithérapeutes apprenaient l’existence de cette échéance de négociation. D’autres prenaient conscience de l’importance et de l’impact que cela pouvait avoir dans notre pratique quotidienne. Cette méconnaissance des échéances est le symbole d’une tendance à l’isolement que nous subissons au sein même de nos cabinets, symbolique également d’un véritable dévouement pour notre passion, notre métier, nos missions de soin auprès de tant de patients chaque jour. Ne rougissons pas de notre place si légitime dans la société. N’ayons pas honte de faire face à des méconnaissances et construisons tous ensemble des demains meilleurs en commençant par nous informer et poser des questions.

L’engagement, ne serait ce qu’informatif, est cher de temps face aux complexités du système. Pour autant, celui ci est inéluctable si nous souhaitons porter la profession vers le haut dès aujourd’hui.

Gardons l’espoir de lendemain plus efficients

Mathilde  :  « A bon, 2017 est l’année des négociations conventionnelles pour la profession? Ca implique quoi?  »

Ces évènements ont interpellé. Ils ont sorti notre profession d’une forme de léthargie que nous amène notre dévouement quotidien, le soin. Et cela est une bonne chose. Beaucoup de débats concernant l’engagement syndical ont été menés de tout front. Beaucoup de masseurs kinésithérapeutes se sont syndiqués pour la première foi. Les lignes ont bougé et nous pouvons voir dès aujourd’hui une forme d’espoir pour la protection de notre profession si ce dynamisme perdure.

Et la refonte de la NGAP?

Informons nous pour anticiper et participer.

La NGAP est la nomenclature générale des actes professionnels.

Depuis la loi du 13/08/2014, les actes pris en charge par l’assurance maladie doivent figurer sur la liste de cette nomenclature. On doit différencier ces actes inscrits dans la NGAP (actes remboursés selon les modalités de la convention que nous avons la plupart signée), des actes de notre champ de compétence qui relèvent  du décret de compétences annexé au Code de la Santé Publique.

Depuis le début de l’année, des travaux avec l’UNCAM ont débuté. Ils regroupent différents représentants de la profession, des sociétés savantes, des fonctionnaires de l’état…Nous allons interroger l’ensemble des syndicats et des sociétés savantes sur ce sujet. Nous vous restituerons les informations que nous aurons récoltées. Mais chacun d’entre nous au sein de nos cabinets est également invité à aller interroger l’ensemble des syndicats sur ce sujet.

Il est précisé dans l’avenant conventionnel une volonté de refonte de la NGAP en vue de la rendre plus descriptive, pour mieux tracer les soins et les rendre efficients. L’ensemble de la profession souhaite une nomenclature plus simplifiée pour nous alléger la charge administrative déjà fort présente. Cependant la volonté qui semble être affichée par Mr Revel et ses équipes est que sa description soit plus exhaustive, qu’elle se complexifie en quelque sorte, à l’instar de ce que nous pouvons trouver au sein du PMSI. Ainsi, le programme de médicalisation des systèmes d’information est apparu en 1996. Il visait à pouvoir retracer précisément l’activité de chaque service de chaque structure et affiner le parcours de soin du patient.

Des questions légitimes…

Alors qu’en sera t il de cette refonte  ? Sur quelles bases les travaux ont-ils débuté  ? Cela va t il être l’occasion de signer un avenant 6 qui est également censé prendre en charge la hausse de la CSG?

N’ayons pas peur de nous mobiliser, de poser des questions et de participer aux débats  ! N’ayons pas peur de nous informer pour comprendre, de débattre de nos idées même si nous ne partageons pas la même vision. Respectons nous et construisons ensemble. Car c’est là que se situe les clefs de la réussite de toute une profession.

F.C